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5ème journée des Dys : l’intelligence collective au service des Dys

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Ce samedi 8 octobre plus de 200 personnes intéressées par les troubles cognitifs spécifiques du langage et des apprentissages se sont réunies à l'Université Paris Dauphine. Organisée par la Fédération APAJH et de la Fédération Française des Dys, la 5ème Journée des Dys a permis de regrouper des jeunes et leur famille, des professionnels du médico-social, de l'éducation, de la formation et du monde de l'entreprise autour de témoignages nombreux et riches. En ouverture de cette journée nationale, Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat auprès de la Ministre des Solidarités a annoncé de nouveaux chantiers en faveur des Dys.


Et plus encore...

L'interview de Marie-Anne Montchamp, Vincent Lochmann (FFdys) et JL Garcia (APAJH)

Journée Nationale des DYS - www.bloghandicap.com - La Web TV du Handicap - France5


• Les présentations des intervenants

- Didier Ribot, Directeur Sessad TSL Apajh « La coopération entre l’éducation et le secteur médico-social »
- Sandrine Lair, Chef de bureau direction de l’enseignement scolaire : « scolariser les dys »
Fabienne Corre Menguy, Université Pierre et Marie Curie "Accès aux savoirs pour les étudiants DYS"
- Marc Ollier, formateur à l’INS HEA Suresnes « L’informatique pour faciliter l’accès aux savoirs »


L'accès aux savoirs pour les dys - DOSSIER DE PRESSE



A l'occasion de la 5ème journée Nationale des Dys la Secrétaire d'Etat aux solidarités apporte son soutien à la cause des Dys. En ouverture de la Journée à Paris, Marie-Anne Montchamp affirme son souhait de saisir la Haute autorité de Santé sur la question des Dys et répond ainsi au souhait des associations de voir évaluer les modalités de prise en compte des besoins de soin des enfants porteurs de trouble des apprentissages. Par ailleurs, elle réaffirme la nécessité de mieux informer et former les professionnels des Maisons départementales du Handicap sur les troubles des apprentissages.

Accueillie par les présidents de la FFDys et de la Fédération APAJH, la secrétaire d'Etat a salué les associations organisatrices de cette journée. Elle s'est particulièrement intéressée à l'exposition de l'Association Avenir Dysphasie et ses photos/dessins réalisés par de jeunes dysphasiques, une approche positive des troubles Dys associant découverte de la nature et les lettres de l'alphabet.

Lors de son discours, elle a annoncé 3 chantiers prioritaires pour les Dys : l'accessibilité au sens large, l'accessibilité des manuels scolaires et une coopération avec la Haute Autorité de Santé. Pour terminer, elle a salué une démarche innovante en faveur de l'accessibilité à l'examen du code de la route pour les personnes porteuses de troubles du langage et des apprentissages, apportant sa signature à la convention co-rédigée par la Délégation interministérielle de la sécurité routière, la FFDys, APEDA et Avenir Dysphasie et qui prévoit les aménagements nécessaires pour adapter l'examen du code sur le modèle des améngaements prévus pour les non-entendants et non-francophones.

 

 

Retrouvez l'intégralité du discours de Marie Anne Montchamp en vidéo :

Première partie

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Deuxième partie

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L'école est l'entrée dans la vie, l'entrée dans la société, donc il faut que l'école soit accessible. Nous devons aller vers cette société inclusive et s'organiser pour que tous les moyens soient mis en œuvre, a déclaré, Jean-Louis Garcia, Président de la Fédération APAJH.

En matinée, la présentation d'un directeur de Sessad APAJH TSL (Troubles Spécifiques du Langage) a permis de mieux comprendre le rôle du secteur médico-social, véritable lien entre la famille et l'école. Notre mission est d'élaborer avec les jeunes et leurs familles, un projet d'accompagnement tenant compte des besoins réels des jeunes a souligné Didier Ribot, directeur du Sessad TSL. Ce service, unique dans le département, accompagne 40 enfants Dys de 0 à 20 ans. Que la difficulté porte sur le langage écrit ou oral, que le trouble soit spécifique ou non, qu'il y ait d'autres difficultés que celle du langage, c'est au SESSAD de trouver, voire même d'inventer des réponses adaptées a-t-il précisé. Depuis la reconnaissance des troubles cognitifs par les MDPH en 2005, le SESSAD est rapidement passé de 10 places à 40 places. Cependant, 40 familles sont sur actuellement sur liste d'attente. Pour prolonger ce dispositif d'accompagnement à l'école, un Service d'accompagnement au parcours de formation et à l'insertion a été créé en 2008.

Deux chercheurs issus de l'INS HEA (Institut national supérieur de formation et de recherche pour l'éducation des jeunes handicapés et les enseignements adaptés) de Sursenes (92) et du Centre d'expertise d'Angers (49) ont présenté le rôle de l'informatique pour faciliter l'accès aux savoirs des jeunes Dys : logiciels, synthèse vocale (retranscription orale d'un texte écrit). « Véritable piste pour l'avenir », les outils informatiques permettent de contourner les difficultés d'apprentissage à l'école.

Au-delà des moyens techniques et des outils informatiques se pose la question de la formation des enseignants, de l'accompagnement (AVS, EVS, RASED…) et de l'adaptation des documents pédagogiques. Le point de vue de l'Education nationale a été apporté par Sandrine Lair, Chef de bureau de la personnalisation des parcours scolaires et de la scolarisation des élèves handicapés.

Elle a rappelé les liens entre la famille, au centre du projet de vie, les instances décisionnaires (MDPH, CDAPH), l'école et les partenaires (SESSAD, Hôpitaux, médecins libéraux) et différencié plusieurs publics : les élèves ayant des troubles du langage oral et/ou écrit et/ou de la parole, les élèves à besoins éducatifs particuliers et les élèves en situation de handicap. Tous bénéficient d'aménagements nécessaires et parfois d'un Projet d'Accueil Individualisé (PAI) afin d'articuler la rééducation, le soin et l'enseignement.

Sur 200 000 enfants en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire aujourd'hui, 13 % souffrent des troubles du langage ou de la parole et ce chiffre est en constante augmentation, a t-elle précisé. Les prochains travaux de son bureau porteront sur l'accompagnement de l'élève en concertation avec le Ministère des solidarités et de la cohésion sociale.



Une expérience très applaudie durant la journée a montré que la mise en place des dispositifs en adéquation avec les conséquences des troubles Dys était possible dans l'enseignement supérieur.

A travers la création du Relais Handicap Santé Etudiant, l'UPMC Sorbonne Universités accompagne tous les étudiants quelque soit leur état de santé, de l'analyse et la définition des besoins à la mise en œuvre d'aménagements (centre d'examen, cursus en 7 ans au lieu de 5…) et l'aide à l'insertion professionnelle. Au sein de l'université, 25% des étudiants ont une reconnaissance de handicap et 12% sont porteurs de troubles cognitifs spécifiques du langage et des apprentissages, a souligné Fabienne Corre Menguy, Maître de conférence à l'université Pierre et Marie Curie.

Pour compléter ce dispositif, des actions de sensibilisation sont menées pour les enseignants et personnels, des aides techniques et humaines sont apportées et une Unité d'Enseignement « Handicitoyen » (30h/an) a été créée pour les étudiants et enseignants qui souhaitent se former à l'accompagnement des personnes en situation de handicap. Une initiative encourageante pour Jean-Louis Garcia : 30h pour former au monde du handicap, voilà un sujet qui devrait arriver au Trophées APAJH. C'est l'université citoyenne au bénéfice de tous les citoyens et parmi elles les personnes en situation de handicap.

L'inclusion au coeur de la vie sociale et professionnelle passe également par la réussite des épreuves du code de la route. La Sécurité Routière et la FFDys ont pris exemple sur la pratique d'une école de conduite (ECF Trinité) pilote sur l'accessibilité de l'examen du code de la route aux personnes en situation de handicap (handicap moteur notemment).

La convention prévoit d'étendre cette pratique aux personnes présentant une dyslexie et/ou une dysphasie à travers des aménagements aux épreuves du code : plus de temps aux candidats pour répondre et réfléchir (30 sec/diapositive), des interprètes dans la salle, l'adaptation de la formulation et de la présentation des questions… Des stages de préformation de 3 sessions sont prévus pour 27 jeunes à compter du mois de novembre 2011. Un enseignant de l'école de conduite accompagnera le jeune de façon personnalisée. Conclue pour 3 ans, cette convention fait progresser un peu plus l'accessibilité pour les personnes en situation de handicap. Plus qu'un permis de conduire accessible, c'est un passeport pour l'emploi !



Après une journée pluridisciplinaire et riche d'échanges, le président de la Fédération APAJH Jean-Louis Garcia a insisté sur la prise en compte des besoins des personnes souffrant de handicap. On rentre par le besoins des enfants. Les AVS peuvent être une réponse mais ce n'est pas la seule. Il faut mettre en œuvre l'intelligence collective pour répondre à ces besoins, a t-il soutenu. Avant d'ajouter : Je reprends les mots de Marie-Anne Montchamp ce matin « Il y a des moments où l'APAJH a su être courageuse et innovante ». Notre positionnement de gestionnaire ne doit pas nous faire oublier cet engagement militant envers les enfants, les jeunes et les adultes en situation de handicap.

Tout ce qu'on a vu tout au long de cette journée, c'est une problématique au cœur de la cité. Il faut faire coexister les mondes et que les enseignants, le personnel ressource et le médico-social travaillent ensemble ont ajouté Vincent Lochmann, Président de la FFDys et Dianne Cabois, Vice-présidente.

Le Président du Conseil national consultatif des personnes handicapées (CNCPH) Patrick Gohet est venu conclure cette journée pour laquelle il apporte son soutien depuis sa création. Quel progrès réalisé ! Les premières éditions avaient pour objectif d'obtenir la reconnaissance d'un ensemble de phénomènes entrainant des difficultés d'apprentissage. La liste des personnes intervenues aujourd'hui témoigne d'une prise de conscience collective et de réels progrès.

Saluant le partenariat entre la Fédération Française des Dys et la Fédération APAJH, fer de lance depuis toujours dans le domaine de l'éducation, l'ancien délégué interministériel aux personnes handicapées ne doute pas que du chemin reste parcourir pour qu'il y ait une véritable prise en compte de ces spécificités à l'école de tous, dans l'école, dans la formation des enseignants, dans le parcours de l'élève et au-delà.

Pour conclure, il a pris l'engagement d'inscrire à l'ordre du jour des travaux du CNCPH d'ici le mois de décembre le rapport sur le handicap cognitif réalisé par un groupe de travail inter associatif et inter ministériel. Nous devons présenter ce rapport pour que la communauté s'approprie ce sujet et dispose d'outils d'aide à l'évaluation des pratiques.

Des pratiques justement largement évoquées tout au long de cette 5ème Journée nationale des Dys, ressenties comme un signe d'espoir pour les familles et les jeunes interrogés à la sortie.

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